Mercredi 8 juillet, Marguerite CAZENEUVE, présidente de la FNEHAD, était l’invitée de la webconférence « Grand témoin » d’APMnews, animée par Wassinia ZIRAR et préparée avec Maryannick LE BRIS. L’opportunité de partager sa perspective sur l’évolution de l’HAD et ses priorités pour les années à venir.
En 2025, plus de 200 000 patient·e·s ont été pris en charge en HAD, pour 8 millions de journées réalisées. Des chiffres qui corroborent l’expansion de l’hospitalisation à domicile.
Toutefois, pour Marguerite CAZENEUVE, ce chiffre reste très en-deçà du potentiel du secteur : l’HAD ne représente aujourd’hui qu’environ 1 % des séjours hospitalisés en France, sur les 34 millions de séjours réalisés en MCO, un potentiel qu’elle estime « vraiment illimité » !
Doubler l’activité en cinq ans !
C’est l’objectif que s’est fixé Marguerite CAZENEUVE, avec pour ambition de faire basculer le paradigme actuel. Aujourd’hui encore, c’est trop souvent « l’hospitalisation d’abord », l’HAD n’étant envisagée qu’en solution de deuxième recours.
Pour atteindre cet objectif, elle mise sur l’intelligence artificielle, capable de repérer automatiquement, dès l’admission à l’hôpital, les patient·e·s éligibles à une hospitalisation à domicile.
Demain, elle appelle à inverser la logique : « tout peut se faire à domicile, prouvez-moi que cela doive impérativement se faire à l’hôpital ».
La présidente de la FNEHAD critique également l’objectif paresseux fixé par les pouvoirs publics, qui vise à ce que 9 % des patients transférables en HAD le soient effectivement. Pour elle, ce taux devrait être de 100 % : « Quel est l’intérêt pour un patient qui pourrait être soigné à domicile de rester hospitalisé ? »
Sur le plan du financement, elle souligne aussi une incohérence : encourager le développement de l’HAD tout en maintenant le coefficient prudentiel qui impose un fardeau aux établissements.
En vue de l’élection présidentielle, Marguerite CAZENEUVE souhaite mettre l’accent dans le débat public sur les enjeux d’innovation organisationnelle et de recours pertinent à l’hôpital, en s’appuyant notamment sur les travaux de la Cour des comptes et de l’IGAS sur les hospitalisations inadéquates. Une parole qu’elle veut transpartisane : « L’HAD est intrinsèquement neutre sur le plan politique, regroupant toutes les sensibilités et tous les statuts d’établissements ! »
Le replay complet de cette webconférence disponible pour les abonné·e·s d’APMnews.

